La Chine, c'est Kerrément bien mais il y a trop de chinois…

Publié par leskeretlaboussole le

La Chine, c’est Kerrément bien mais il y a trop de chinois…

Ami(e) lecteur(trice), votre rédactrice préférée a accepté de me laisser le clavier afin que je puisse partager avec vous mes impressions sur la Chine.
Je saisis donc cette occasion pour m’exprimer sur le sujet. Dautant plus librement que nous sommes actuellement en Malaisie, donc pas de censure possible !
La Chine, vaste pays, vaste sujet. Il s’agit effectivement d’un pays à l’échelle continentale : 9 600 000 km2 (14 fois la France), 56 ethnies, 10 langues, une douzaine de villes de plus de 4 millions d’habitants. Tout y est grand, démesuré. Nous n’avons d’ailleurs visité qu’une petite partie du territoire.
Durant nos 5 semaines de voyage, un mot synthétisant notre sentiment s’est progressivement imposé: Contraste.
L’Histoire, riche et dense, a laissé palais, temples et édifices d’un raffinement incroyable parfois coincés au milieu de buildings ultramodernes. Cette dichotomie, nous la retrouverons tout au long de notre périple en terre du milieu.
C’est un pays plein de contradictions.
Parlons d’écologie. Nous avons croisé des champs d’éoliennes ou de panneaux solaires à perte de vue à quelques kilomètres de gigantesques centrales à charbon fumantes. Les scooteurs électriques sont légion dans tous les coins du pays (ville ou campagne) mais la pluspart des chinois croisés ne se soucient guère de leurs déchets (on en a trouvé partout, dans chaque parc, temple, etc…).
Une règle officielle est respectée immanquablement à la lettre, l’obéissance semble de mise pour tous. Cependant faire la queue relève d’un véritable combat de coudes, traverser une route d’un défi de tout instant. Attentionnés et capables de tout laisser tomber sur le champs pour vous venir en aide, nous avons fait de belles rencontres. Telle cette belle soirée à Zandjiaje passée en compagnie de Luke et de ses proches. Mais regroupés, c’est l’indifférence qui prend le pas. Sur ce point, peut-être est-ce un effet de masse universel et finalement assez banal ?
Politiquement, la République Populaire de Chine n’est définitivement plus un pays communiste. Elle est rentrée de plein pied, pour ce qui est des villes, dans l’ère ultracapitaliste : consommation de masse, centres commerciaux gigantesques, gâchis alimentaire incroyable… Il n’en reste pas moins vrai qu’un seul parti, celui du « peuple », règne en maître sur l’organisation du pays, des provinces, des cités. D’ailleurs, comme nous l’expliquera Monsieur Fu, notre chauffeur de Datong, les ersatz d’élections ne laissent personne dupe. Ce qui fait de ce pays un hybride politique ultracapitaliste totalitaire…
Culturellement, cest une terre d’une richesse inouïe, subtile, raffinée et variée comme sa cuisine, paraît-il. « Paraît-il » car  nous n’avons pas été transcendés par la nourriture chinoise. Sûrement est-ce dû à notre petit souci coeliaque… Pour autant, nous n’avons vu en tout et pour tout que deux personnes un livre à la main. Ici c’est l’hégémonie du smartphone, greffé, telle une extension naturelle de la main. Le tourisme de masse, avec selfie obligatoire, tranche avec la quiétude que devrait inspirer de nombreux sites visités. Il faut également domestiquer la nature (ascenseurs et ponts en verre au milieu de montagnes), aseptiser les sites naturels (spots multicolores dans de magnifiques grottes) qui ne demandent qu’à exprimer tout simplement leur beauté brute.
Contrastée donc, la Chine nous laissera un sentiment mitigé mais aura réussi à éveiller notre curiosité sur son Histoire et son formidable patrimoine naturel !
Quelques mots rapides sur le « bateau-famille » des Ker.
Ami(e)s lecteurs(trices), si vous avez eu la patience et la gentillesse de lire ce soliloque vous aurez compris que ce début de voyage ne fut pas de tout repos. Entamé par ces six derniers mois éprouvants, l’organisation, la planification, la gestion des repas et de nos petits tracas coeliaques, les soucis intestinaux et la difficulté constante à se faire comprendre auront raison, pour un temps, du « navire-famille ».
Mais c’est sans compter sur les ressources inépuisables des Ker ! Et le « radeau-famille » quitte donc la Chine avec la certitude de se requinquer lors de sa prochaine escale : la Malaisie…

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