Perdu-Siba : lost in translation

Publié par leskeretlaboussole le

Dernière aventure au Sarawak pour les Ker : une semaine en immersion dans un village Iban. Cette véritable expérience nous a été proposée par Bornéo A La Carte. Cette agence est dirigée par Amélie, secondée par Laura qui toutes deux nous ont reçus comme des amis de longue date venant visiter leur région. Résultat : des itinéraires réellement sur-mesure et un accueil sincèrement chaleureux. Les Iban, donc, représentent une des ethnies du Sarawak et certains vivent encore dans des longhouses, maisons traditionnelles longues sur pilotis réunissant plusieurs familles. Nous allons vivre une semaine parmi les 14 familles du village de Perdu (ça ne s’invente pas!) dans la province de Siba. Pour y aller, nous rencontrons Chris, notre guide, mari d’Amélie et originaire d’une longhouse voisine de Perdu… 5 heures de voiture depuis Kuching puis 3 bonnes heures de marche dans la jungle à franchir les rivières, gravir les collines et longer des champs de poivre nous amènent à destination : sur un promontoire verdoyant se niche notre logis pour la semaine à venir. Chaque soir une nouvelle famille nous accueille, nous offrant couvert et gîte. Petit détail qui aura son importance, Chris nous quitte (c’est le deal) le lendemain matin et nous voilà en autonomie linguistique. Ne soyons pas timides !

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Les premiers jours sont des moments de découvertes tant pour les enfants que pour nous. Nous souhaitions à travers notre voyage expérimenter d’autres manière de vivre : nous sommes servis ! De la douche « mandi » qui se prend en privé dans une cabane ou en public devant la longhouse, aux nombreux (5 par jour) repas « makaï » pris assis et en mangeant avec les doigts (Malo était aux anges 😉 ) en passant par les moments (parfois longuets) à lézarder dans l’espace commun « ruaï », nous sortons définitevement de notre zone de confort. Tout le monde n’appréhende pas ces nouveautés de la même manière et nos retours seront pour chacun assez différents.

Dans le désordre, voici les temps forts de cette semaine : Cueillette du poivre dans les pentes abruptes encerclant la maison. Chaque famille possède des champs et cultive uniquement du poivre. C’est long, fastidieux et cela ne rapporte que 5 € du kilo (vendu environ 5 fois plus au client final). Les Iban produisent le fameux poivre du Sarawak ainsi que du poivre blanc, encore plus prisé.

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La découverte de la faune et la flore de la forêt de Bornéo : chauve-souris, serpents, sangsues, coeurs de palmier et sa récolte, fruits du dragon et ananas cueillis à même l’arbre et dégustés aussi sec, feuilles comestibles (chanko manis), etc… La plupart se retrouvant d’ailleurs dans nos assiettes le soir même.

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Une nuit passée dans la forêt, à dormir dans des hamacs, tant en obsevant les Iban pêcher et chasser. Un Koh Lanta improvisé !

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Une randonnée vers une cascade isolée : baignade salvatrice par cette chaleur omniprésente.

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Les bons moments à jouer dans le « rouaï » au jungle speed ou au cap’s. Une dernière soirée où toutes les familles se réunissent pour un au revoir autour d’un repas. Ou plutôt deux. En effet, un peu plus tôt, les enfants assistent, volontaires, à l’égorgement du cochon. Le méchoui est préparé et servi pour tout le monde. Puis chacun regagne sa chambre. Il est près de 20h30 et nous pensons aller nous coucher. Erreur ! Tous reviennent, chargés de plats, et nous voilà repartis pour un deuxième repas gargantuesque. Le cochon n’était finalement que l’apéro ! Ces bons moments n’occultent cependant pas d’autres plus difficiles, à se demander ce que nous faisons là, à sourire quand nous ne comprenons pas, à jouer l’esquive oculaire (je ne regarde pas, on ne me parle pas), à attendre le prochain repas ne sachant que faire si ce n’est la sieste dans un hamac. Finalement, une semaine c’est bien court mais c’est long des petits bouts (comme on dit au Québec). Enrichissante, l’expérience l’aura été, pour sûr. Sur tous les plans : personnel, familial, ethnologique. Ces communautés forcent le respect par leur capacité à vivre dans et de la forêt. La simplicité qui se dégage de leur mode de vie serait le point essentiel à retenir lors de ce séjour. Le chemin du retour, cette fois par 4×4, nous montre encore à quel point Perdu est isolé du monde, au milieu d’une mer d’arbres.

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1 commentaire

Marion Mazaleyrat · 24 octobre 2017 à 11:45

Quel plaisir d’avoir de vos nouvelles ! Quelle expérience enrichissante. On a hâte d’avoir un retour plus « réel », vous nous manquez un peu quand même. Profitez bien! Bisous à tous les 4

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