Phnom-Penh : ça vaut la peine

Publié par leskeretlaboussole le

Phnom-Penh : ça vaut la peine

Bien mieux installés à Phnom Penh (qu’à Kampot), nous prenons largement notre temps pour prendre le pouls de la capitale cambodgienne, où l’on sent bien les influences françaises issues du protectorat (il y a un certain temps maintenant !) mais aussi résultat du nombre important de francais expatriés ici. Boulangeries, petits restaurants, boutiques : on trouve pas mal de Français à la tête de commerces.

Dans l’ensemble, on a bien apprécié cette ville. On commence par un tour dans le marché Psaar Thmay, sorte de soucoupe volante posée au milieu de la ville ! Immense : on y trouve bijoux, fripes (dont des milliers de t-shirts, contrefaçons ou motifs touristiques), chaussures, mais aussi de la nourriture ou des souvenirs en tous genres ! Négo et sourires au menu dans ce marché couvert qui est l’un des plus grands d’Asie.


Nous avons également pris le temps de faire un tour au Palais royal, sans grand intérêt selon nous… mais qui se trouve tout près du musée national, autrement plus intéressant. Des centaines de statues, colonnes, quelques bas-reliefs, provenant d’Angkor, entre autres. Superbe !


Pour continuer sur la lancée historique, je me rends toute seule dans un lieu chargé d’histoire, particulièrement émouvant : Tuol Sleng, autrement surnommé camp S-21, devenu musée du Crime génocidaire. C’est un ancien lycée, construit en 1962, qui a été transformé en prison entre 1975 et 1979 par les Khmers Rouges. Or, la prison, sous le régime dictatorial, était synonyme de torture. Ce sont plusieurs dizaines de milliers de personnes qui sont passées par là, hommes, femmes et même enfants. Car, quand quelqu’un était soupçonné (de quoi ? bien souvent de rien, mais tout le monde était potentiellement ennemi du régime…) et arrêté, c’était toute la famille et ses relations qui l’accompagnaient en prison, sans grande chance d’en ressortir libres… Le camp S-21 était une antichambre de torture avant le camp d’extermination de Choeung Ek, à quelques kilomètres de Phnom Penh (que j’ai choisi de ne pas aller voir). La consigne à Tuol Sleng était surtout de ne pas “liquider” les prisonniers. Ceux-ci devaient en sortir vivants, mais dans quel état ? La mort les attendait dans les camps d’extermination, non dans les camps de torture.

Cette visite est émotionnellement prenante. On déambule dans les salles de classe, transformées en cellules, où trônent encore les tableaux noirs, ainsi que les lits de métal où étaient attachés les prisonniers. On découvre les instruments de torture, les méthodes. On s’arrête sur les photos des milliers de visages passés par là. Car les Khmers Rouges avaient une “manie” : ils documentaient tout, référençaient tout. Ainsi, chaque prisonnier entrant était pris en photo, laquelle était classée dans son dossier. Même si les tortionnaires ont essayé de détruire une partie des documents à leur départ, il en est resté encore tellement… Un des sept survivants adultes du camp a réchappé grâce à son talent de peintre. Il a utilisé celui-ci pour retracer les moments qui l’ont marqués. Poignant !

Une caractéristique effarante à Tuol Sleng, c’est que cette prison se trouve en plein coeur de la ville. L’école n’était plus de rigueur sous les Khmers Rouges, l’éducation étant considérée comme suspecte. Le lycée est devenu secrètement ce lieu d’horreur. Lieu d’atrocités au cœur de la cité… On peine à imaginer comment il en a pu être ainsi pendant toutes ces années…

Nous avons hésité à faire cette visite en famille, imaginant cacher les photos trop dures aux enfants. Finalement, je suis soulagée de ne pas avoir retenu cette option car, même si nous avons beaucoup parlé de tous les événements, même si les enfants ont posé beaucoup de questions sur la prison, il y a tout de même des images pouvant choquer les esprits plus jeunes… Néanmoins, c’est une visite à ne pas rater, qui permet d’approfondir ce qu’on peut lire sur l’histoire des Khmers Rouges. Là encore, on ne peut que saluer les Cambodgiens de se relever de telles années noires.


Puis, ce n’est pas parce qu’on est en voyage qu’on doit tout le temps visiter. Alors on s’offre une après-midi cinéma en famille ! Et finalement, on se rend compte que c’est la première fois qu’on y va tous les quatre ensemble ! Il aura fallu attendre d’être au Cambodge… On vous laisse deviner le film 😉


Et pour finir d’apprécier Phnom Penh, on s’est offert quelques fleurons de la gastronomie, dont Elouan vous a déjà parlé ici, ainsi que quelques gâteries chocolatées pour se remonter le moral ! Cela faisait bien longtemps qu’on n’avait pas apprécié un bon morceau de chocolat… ! Ni une tarentule d’ailleurs… 

 
Verdict : la tête est meilleure que l’arrière. Préférez par ailleurs les petites aux grosses. Ne pas penser à ce que l’on est en train de manger.
Ok, on avoue: la tarentule, ce n’est pas à notre goût (politiquement correct pour dire qu’on n’essaiera plus jamais sauf conditions extrêmes) !

Et notre itinéraire se poursuit, on reprend le bus encore et encore… !

Lee ha, Phnom Penh !

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