Thakhek : en voiture, Simone !

Publié par leskeretlaboussole le

Thakhek : en voiture, Simone !

Nous arrivons à Thakhek en début de soirée, épuisés, énervés par cet interminable trajet de bus, mais aussi par les tuks-tuks qui annoncent des prix fous, nous sachant coincés à la “gare” routière. Évidemment, c’est LE jour où on n’a rien réservé pour la nuit… Reste plus qu’à partir en quête d’un toit pour la nuit ! Fort heureusement, il y a toujours des solutions en Asie et Loic nous trouve un petit nid pas désagréable (pour l’Asie) à un prix correct.

Nous voilà donc installés, prêts à organiser nos prochains jours dans la région.

Thakhek, en soi, n’a pas d’attrait particulier. On y retrouve tout de même ce charme désuet propre à ces villes asiatiques « post-coloniales ». 


La ville paraît un peu déserte.  Quelques touristes agglutinés autour des deux loueurs de scooters, quelques restaurants peu fréquentés, une grande place vide de vie… En fait, Thakhek est surtout la base de départ pour une boucle de 400 km, que beaucoup font en scooter (comme celle des Bolavens, près de Paksé). De notre côté, nous trouvons un deal correct pour une voiture, que nous garderons pour remonter jusqu’à Vientiane, la capitale (et éviter ainsi le bus maudit).

DSCF2160

Et c’est parti pour 4 jours en autonomie ! Après plusieurs mois dépendants des transports locaux, ça fait du bien de pouvoir s’arrêter où l’on veut, d’être à son rythme.

En voiture Simone !

Nous partons sur la route 12, qui file vers la frontière vietnamienne.

Dès la sortie de la ville nous entrons dans le vif du sujet : des grottes que nous visitons par nous-même, à la frontale et de l’eau jusqu’aux mollets. Les enfants adorent jouer les Indiana Jones. Quoique chez les Ker, ce serait plutôt José l’Indien… Il faut dire que c’est impressionnant de se retrouver seuls dans ces immenses cavités ! La plus grande de ces grottes se nomme Kong Lor. Le visiteur traverse la montagne de part en part, empruntant en bateau une rivière souterraine sur plus de 7 km, seulement éclairé par la frontale du batelier. Il nous accordera, sur le retour, le privilège de couper moteur et lumière pour une minute : le temps se suspend. Rarement nous avons connu tels obscurité et silence.

Entre belles routes serpentant parmi les pics karstiques couverts de végétation et pistes semblant s’être fait récemment devaster par des obus ou des tirs de mortier, l’itinéraire de ces 4 jours est superbement varié. Les paysages se succèdent, tous aussi grandioses les uns que les autres : montagnes, pics karstiques, plaines désertiques, rizières. Le plus poignant, et peut-être emblématique, reste ces étendues noyées sous l’eau du fleuve Nam Theun suite à la construction d’un barrage une vingtaine d’année en arrière. Celui-ci a engendré une myriade d’ilôts et une forêt surréaliste de troncs d’arbres morts se reflétant dans l’eau calme. Au milieu se trouve la ville de Thalang, lieu de départ d’une expédition matinale sur une frêle embarcation pour aller titiller le poisson. Nous comprenons vite que nous reviendrons bredouilles (ce ne doit pas être notre truc, mais nous persistons 😉 ) mais cela nous permet tout de même d’apprécier ce paysage grandiose au lever du soleil.

Lors de cette boucle, nous faisons aussi une belle rencontre avec des pêcheuses équipées de filet typique. N’écoutant que son courage, la Ker-mère se jette littéralement à l’eau (saumâtre) et, après quelques tentatives afin d’en comprendre toutes les subtilités, maîtrise l’engin. Elle parvient à sortir un magnifique poisson (de 10 cm au moins) qui finit malheureusement par retourner dans l’eau après un bref passage dans les mains d’Elouan, sous les rires des Laos présents autour du bassin…

Le fil rouge « pêche » continue…

DSCF2151

Nous retiendrons enfin un superbe logement au bout de la vallée menant à la fameuse grotte de Kong Lor : petit bungalow sur pilotis avec hamac donnant sur des champs flanqués de montagnes. Magique !

Cette boucle est vraiment magnifique : l’aventure accessible dans des paysages uniques. De plus, nous y faisons des rencontres qui font les voyages. Comme ce monsieur tenant un restaurant de bord de route, avec qui les enfants jouent aux dames et qui nous raconte son Laos. Cette jeune femme allemande tombée de son scooter que nous avons convoyée quelques heures. Le gérant de l’auberge de Thalang affable et baragouinant quelques mots de français…

Nous voilà rabibocher avec le Laos et surtout ses habitants ! D’attaque pour la capitale !

Et pour la route :


Plus de photos de cette superbe « boucle »…

%d blogueurs aiment cette page :