Australia, S3-E5 : Rencontres du 3ème type

Publié par leskeretlaboussole le

Australia, S3-E5 : Rencontres du 3ème type

Attention! Dans cet article, vous risquez d’apprendre un nouveau mot. Il pourra vous faire gagner quelques points au Scrabble ou, si vous êtes joueur, vous pourrez le placer au cours de votre prochain dîner mondain et impressionner vos connaissances …

Nous avons rencontré, pendant ce séjour en Australie, d’étranges phénomènes. Paranormal ? Hallucinations ?

Non… vestiges historiques ! J’ai nommé : les STROMATOLITHES. Mais qu’est-ce donc ?

Les stromatolithes sont parmi les plus anciens et les plus simples organismes vivants au monde, vénérables êtres de 3,5 milliards d’années. « Habitant » des eaux deux fois plus salée que la normale, très peu d’ennemis ou prédateurs peuvent survivre en ce milieu. Mi-fossiles, mi-vivants, les stromatolithes sont composés de bactéries mono-organisme résistantes, dont on dit qu’elles ont participé à l’apparition de la vie sur Terre. En effet, ces « êtres » sont photosynthétiques, c’est-à-dire qu’ils transforment les gaz qu’ils absorbent en oxygène. Les stromatolithes auraient donc joué un rôle dans l’évolution de notre planète… Respect !!!

Enfin… respect, oui, mais, quand on voit la « chose », on se demande plutôt où est l’arnaque ! Quoi ??? 😒 c’est donc ça, des stromachins…? Et oui, comme je vous l’ai dit, les stromatolithes sont en partie des fossiles. Et donc ressemblent en partie à des « bouses de cailloux »… Pas très sexy, je sais. N’empêche que nous savons maintenant tous ce que sont les stromatolithes et que nous nous coucherons moins bêtes… Dernier détail, pour ceux qui voudraient rendre hommage in situ à ces vénérables : nous en avons trouvé plusieurs exemplaires en Australie occidentale (ah ! ce pays est décidément d’une richesse, entre son abondante faune endémique et ses vestiges du passé terrestre !). Allez donc au Lac Thétis, près de Cervantes, ou à Hamelin Pool, dans la région de Shark Bay. Et comme vous êtes prévenus, vous ne serez pas déçus et ne risquerez pas de passer à côté. Allez, images :



Alors que nous faisions route vers Port Gregory, petit hameau d’une quarantaine d’habitants et escale bienvenue pour les Ker sur le chemin de Kalbarry, nous passons le Hutt Lagoon, immense lac, pourtant réputé pour ses couleurs improbables mais sans grande magie sous le soleil couchant. Arrivés au camp site, nous partons rapidement  faire un tour sur la plage, battue par les vents, déserte, tout comme les rues du village… Quelles rencontres ferons-nous en ce lieu surprenant (je rappelle : une quarantaine d’habitants recensés mais quand même un caravan park de 80 emplacements !) ?

Je coupe court au suspens : aucune ! Mais, alors, à quoi bon cette histoire… ?

L’étrangeté s’est révélée à nous le lendemain matin, alors que nous reprenions la route, contournant à nouveau le Hutt Lagoon. Un coup d’oeil et… quelle surprise ! Le lac était maintenant rose ! Oui, vous avez bien lu : ROSE ! Quel étrange phénomène avait donc bien pu survenir la nuit durant… ?



Explications : le Hutt Lagoon est aussi surnommé Pink Lake (ok, on n’a été qu’à moitié surpris par la couleur du lac… 😆). C’est un lac salé qui contient des micro-algues, capables de vivre dans ce haut niveau de salinité (le lac est particulièrement concentré en sel). Ces algues microscopiques produisent de la bétâcarotène, la même qu’on trouve dans les carottes… ! En fonction de la concentration en sel, de la lumière et de la température, le lac prend donc des teintes étranges, pouvant virer à un franc rose. Assez magique…

On a retrouvé ce même phénomène dans les lacs présents sur Rottnest Island (au large de Fremantle). Ces lacs se sont formés par l’emprisonnement de l’eau de mer suite à la formation de l’île. La salinité s’est accentuée et les mêmes micro-algues ont colonisé les lieux. Résultat, les mêmes teintes rosées improbables.



Et comme l’Australie est définitivement une île-continent hors du commun, on finit les rencontres sur la plage de Shell Beach, près de Shark Bay. Ici, point de sable ou d’eau rose, non. Blancheur incroyable et bleu turquoise sont de mise. Quelle excentricité alors ? Pourquoi cette plage a-t-elle chapitre, ici ?

Disons qu’elle porte extrêmement bien son nom. La Plage des Coquillages. Pas besoin de les chercher : la plage n’est que coquillages, sur une dizaine de mètres de profondeur et cent-vingts kilomètres de long ! La plage de Shell Beach est en effet composée de milliards de petites coquilles blanches de quelques millimètres, maisons d’une seule sorte de mollusque pouvant supporter les eaux très salées (encore !) du coin. Pas forcément très agréable pour la séance bronzing, un peu irritant lors de la session « enterrement », éblouissant aux heures chaudes de la journée mais féérique…



D’autres photos de l’ouest australien


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