Sud Chili : au pays des volcans et des légendes chilotes

Publié par leskeretlaboussole le

Sud Chili : au pays des volcans et des légendes chilotes

La saison étant trop avancée et n’étant pas suffisamment équipés, nous renonçons à descendre jusqu’en Patagonie. D’ailleurs, les personnes que nous avons rencontrées à Valpo nous en ont dissuadé : neige, froid, pluie… Déjà qu’on a du mal à s’acclimater… !

Par contre, nous décidons de descendre un peu cet immense pays qu’est le Chili. Première étape du « sud » Chili : l’île de Chiloé. Il paraît que le taux d’hygrométrie, ici, est au plus haut… Bon, on ne peut pas tout avoir !

Chiloé est une île à la forte identité culturelle. Elle connut de longues périodes d’isolement, lorsque les Mapuches, sur le continent, se révoltèrent contre le pouvoir espagnol. Elle fut un bastion important de la royauté et fut un des derniers territoires à accepter la rupture avec l’Espagne.

Ici, nous découvrons de belles églises, plusieurs classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco (pas moins de 16 églises classées sur l’île!), mais malheureusement toujours fermées… On se sent un peu frustrés de faire le tour de ces bâtiments sans pouvoir y entrer. Et puis, ce n’est pas tout à fait dans notre culture de trouver les églises portes closes… 🙁



On apprécie également l’architecture typique, avec les façades des maisons recouvertes de tuiles en bois d’alerce colorées, rappelant des écailles de poisson. Ainsi que la décoration intérieure… 🤔


Pour la décoration intérieure, voir ici


Et puis, Chiloé, c’est aussi beaucoup de campagne, de grands espaces vallonnés très verts. On part à la découverte des nombreuses légendes de l’histoire chilote à travers le parc national de Chiloé. Une belle balade nature ! On apprend donc que l’histoire chilote compte pas moins d’une quinzaine de créatures fantastiques ! Le Trauco, l’un des plus connus, est une sorte de nain qui marche sur des moignons, et se mue en jeune homme pour séduire et engrosser les femmes. Mais, lorsqu’il rencontre des hommes, il les estropie avec sa hache de bois dont il ne se sépare jamais… Charmant ! Les autres personnages fantastiques sont aussi hauts en couleur. De quoi vous faire froid dans le dos!



D’autres photos de Chiloé, ici…


Après une petite semaine sur Chiloe, on reprend le bus pour commencer notre remontée. Direction : Puerto Varas, au bord du lac Llanquihue. Malheureusement sous la pluie, nous profitons donc de quelques jours « off » pour régler diverses choses, avancer un peu le programme de CE1 et de moyenne section, cuisiner (car la cuisine de notre auberge est mieux qu’à la maison!), lézarder…

La ville de Puerto Varas n’est pas désagréable : elle a des airs de station de sports d’hiver! Créée vers le milieu du XIXe siècle, à partir de la colonisation allemande, la ville conserve de belles demeures. On a également une vue incroyable sur les volcans enneigés Osorno (2652 mètres) et Calbuco, volcans encore actifs.



Nous profiterons d’une demi-journée de répit dans la météo (quoique) pour aller jusqu’à Frutillar, à moins d’une trentaine de kilomètres de Puerto Varas. Frutillar est une parenthèse dans le paysage chilien, avec ses chalets allemands partout et ses menus à base de schnitzels et de strudels ! Sans la magnifique vue sur l’Osorno, on se croirait en Bavière…



Et finalement, quel serait l’intérêt de monter dans la région des volcans et des lacs chiliens sans une petite randonnée? Alors, un jour de beau temps (relatif), nous nous équipons pour aller marcher dans le parc Vincente Perez Rosales, sur le ‘Paseo de la Desolacion’ (tout un programme !). La balade commence en partie dans la forêt, avant de traverser des coulées de lave, puis de grimper raide dans une des coulées, grise, sablonneuse, jusqu’à un belvédère (nous nous sommes arrêtés là, qui n’est pas le bout de la rando, mais largement suffisant pour cette fois). Picnic puis redescente, beaucoup plus rapide que la montée. Très rigolo car on a la sensation de surfer sur nos pieds ! Les enfants adorent !




Et très chanceux, nous attrapons le dernier bus qui repart de Petrohué, notre base de départ de la balade. Il n’est que 16 heures, mais la route (la piste en réalité) qui mène à Petrohué est coupée car, visiblement, un tuyau d’évacuation des eaux de pluie a lâché et est en train d’être changé… Très organisés, les conducteurs de bus chiliens viennent « échanger » leurs passagers, d’un côté et de l’autre de l’incident, et chacun fait demi-tour pour emmener ses nouveaux passagers ! Super, nous, on peut donc rentrer vers Puerto Varas, sans attendre des heures !

Et, puisqu’on n’a pas perdu de temps, on s’offre le luxe de s’arrêter en chemin aux Saltos del rio Petrohué : un torrent émeraude qui dévale dans la roche volcanique. Un peu blasés au début (ben, oui, au Laos, on avait des cascades magnifiques aux 4000 Iles, gratuitement… 😉), on doit bien avouer que le spectacle est somptueux…



Et il est temps maintenant, après une bonne grosse journée, de rentrer à Puerto Varas, dans notre petite auberge fort sympathique. Et comme l’auberge est sympa, on y trouve des gens sympas ! Encore une belle rencontre : nos Grands Suisses, Yannick et Thaïs (il faut bien les différencier de nos « Petits Suisses », rencontrés en Asie : coucou les Ptits Suisses, vous nous manquez !), que nous retrouverons plusieurs fois en Amérique du Sud… et sûrement en Europe! 😊


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De volcans en volcans, nous nous dirigeons encore vers le Nord, à quelques heures de bus de Puerto Varas, vers la ville de Pucon. Nous voilà maintenant face au Villarica, un des volcans les plus actifs du Chili, au sommet enneigé, culminant à 2847 mètres.

Le coin est très nature. L’été, la ville s’anime avec les touristes qui plébiscitent les bords du lac, le reste du temps, il y a plusieurs randonnées à faire, et même l’ascension du Villarica. Pas pour nous, c’est sûr, mais nous ne lâchons rien et partons sur le chemin d’El Cañi, une des balades réputées du coin, dans la réserve « sanctuaire » du même nom. Le ‘sanctuario El Cañi’ est une réserve privée créée pour protéger la forêt tropicale montagneuse, composée d’essences endémiques, comme l’araucaria, rempli d’épines et qui semble sortir tout droit de Mésozoïque. L’araucaria est un voisin du pin, très ancien, et on a retrouvé des fossiles de ce végétal datant de plusieurs millions d’années ! En Amérique du Sud, sa répartition est très limitée et l’espèce protégée ici ne se trouve que dans cette zone géographique restreinte. Notre randonnée commence par plus de 4.5 kilomètres de montée raide dans la forêt (plus de 680 mètres de dénivelé). Pas de répit, ça grimpe sévère… 😥😖 Les garçons sont très  courageux. Ensuite, un petit kilomètre et demi pour atteindre une belle lagune, très tranquille, où l’on peut écouter le silence de la nature en reprenant quelques forces. Pour 3 Ker sur 4, ce sera le point culminant. Le Ker Père, pugnace et volontaire, termine la balade et parcourt les 2.5 kilomètres restants pour atteindre le « vrai » sommet. Bon, ce n’est pas le tout, mais il faut ensuite redescendre tout ce chemin… ! Au total, pas loin de 5 heures et demi de marche pour les mini-Ker, et pas faciles. Respect pour les marcheurs ! 👍



La région, de par son activité volcanique, regorge de sources d’eau chaude. Alors, parce qu’après une telle randonnée, il faut soulager son petit corps (mais après une journée de répit pour nos muscles endoloris), nous prenons un petit micro (mini bus collectif) pour nous rendre aux Termas Los Pozones, ensemble de bassins plus ou moins chauds, en pleine nature, au bord du Rio Liucura (glacial). Le cadre est majestueux, l’eau bien chaude (voire brûlante, jusqu’à 37 degrés), mais on n’y reste tout de même pas des heures. Entre chaque bassin, on est en maillot de bain et il ne fait pas si chaud dehors…



Et voilà,  notre expédition Sud-Chili se termine en barbottant. Malgré le temps qui ne nous a pas toujours été clément, nous avons été conquis par la beauté des paysages absolument grandioses. Ces volcans enneigés mais actifs qui dominent l’horizon forcent le respect. On se sent tout petit ici ! Cette incursion nous a donné envie de revenir dans ces régions  pour, pourquoi pas un jour, remonter jusqu’à Santiago, à notre rythme, entre balades, lacs, volcans et… vignobles.

Hasta luego ! Pour l’heure, nous remontons en bus de nuit (ultra-confort) à Santiago pour attraper un avion le lendemain pour… 🤗


Pour d’autres photos sur Puerto Varas et Pucon…
 

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