Pauses citadines en Bolivie

Publié par leskeretlaboussole le

Pauses citadines en Bolivie

La Bolivie possède quelques belles villes, aux centres historiques hérités de la colonisation espagnole et classés au Patrimoine Mondial de l’Unesco. C’est le cas de Potosi, ville sise à 4070 mètres d’altitude, que nous gagnons juste après notre circuit d’Uyuni (on avait initialement prévu de passer une nuit à Uyuni même, mais l’aspect de la ville ne nous a pas séduit, on a préféré partir directement pour Potosi…). La ville est dominée par le Cerro Rico et ses mines, importantes pour l’activité économique de la région. Nous n’y avons fait qu’un bref passage, même si la ville mérite sans doute quelques jours de visite.



Et, parce que voyager en Bolivie peut être éprouvant : les bus ne sont pas tout à fait ceux du Chili, la notion de temps (et d’horaire) pas celle des Européens, et les distances ne sont pas petites, nous avons fait une longue pause à Sucre (prononcez Soucré), où nous avons posé nos sacs une douzaine de jours, dans un petit appartement aux airs de chez-soi (une chambre séparée pour les parents, quel luxe!). Jolie petite auberge, bien agréable et découverte de la fameuse douche Lorenzetti, autrement surnommée « Claude François ». Le principe : l’eau est chauffée par l’électricité… Fort heureusement, nous n’avons pas eu de coups de jus à déplorer, mais on doit avouer que l’efficacité de la douche est relative : pour avoir de l’eau bien chaude, il faut diminuer le jet au minimum… Pas l’idéal pour se laver les cheveux et seulement une petite partie du corps mouillée à la fois… On n’adhère pas !



Sinon, Sucre est une jolie ville (classée aussi au Patrimoine Mondial), dans laquelle nous avons débarqué pendant les festivités locales (anniversaire de la ville). Habituellement, le président Evo Morales s’invite à la fête, mais, malheureusement, cette année, en raison de conflits entre le gouvernement et la région (des histoires d’attribution d’un site minier à la région d’à côté), il a préféré ne pas pointer son nez ! Il faut ajouter que la ville sortait d’une bonne quinzaine de jours de blocages et de grèves… La fête a eu des airs un peu amers, mais on a tout de même profité des défilés corporatifs et des festivités.

Nous avons découvert un lieu fabuleux en banlieue de Sucre : le Parque Cretacico. Coincé à côté d’une grande cimenterie (découvert et sponsorisé par elle), ce lieu abrite plusieurs milliers de traces de dinosaures. Le jeu de tectonique des plaques a fait remonter certaines parties à la verticale, sur lesquelles sont imprimées des traces de pattes de différents dinosaures. On distingue nettement les différences entre les espèces (avec un peu d’aide de notre guide Juan Carlos… 😆) : sauropodes (la famille des diplodocus, pattes arrières plus grandes que celles de l’avant), ankylosaures (quadrupèdes herbivores aux pieds larges, 4 doigts à l’arrière, 5 à l’avant), théropodes (bipèdes carnivores aux pieds en forme de V, tridactyles)… C’est très impressionnant ! Le site est incroyable et on se demande pourquoi cette richesse paléontologique n’est pas plus connue et surtout mieux protégée… D’après les recherches, le site était un lieu de passage pour les dinosaures, qui venaient sans doute s’abreuver sur leur chemin de transhumance. En tous cas, pour les Ker, c’était une très belle découverte, très instructive. Et puis, on a fait cette visite en très bonne compagnie, avec la Malak’ family rencontrée la veille. Encore une belle rencontre de notre voyage ! 😉



Sucre est également une ville riche en beaux bâtiments, certains abritant désormais des musées. Nous avons fait un tour :

– au Museo Charcas (regroupant un musée anthropologique, une galerie classique et un musée contemporain), passablement « poussiéreux » et dont l’intérêt aura été pour nous de découvrir les momies agenouillées ou la pratique de la déformation crâniale, somme toute impressionnante : pour des raisons ethniques et sociales, on appliquait des bandages sur les crânes des enfants afin de les modeler. Allongés ou écrasés, les crânes prenaient en grandissant des formes surprenantes; le tout dans un cadre magnifique.



– à la Casa de la Libertad, plus intéressante, qui nous a permis d’en découvrir plus sur l’histoire du pays et ses protagonistes (dont le célèbre Simon Bolivar). C’est ici que fut signée la déclaration d’indépendance de la Bolivie le 6 août 1825.



Dans un cade plus modeste, le musée des Arts Indigènes nous en a appris un peu plus sur les ethnies de la région,  coutumes, instruments, histoire et sur les somptueux tissages traditionnels. De vraies œuvres d’art.

Il y avait encore de nombreuses choses à voir à Sucre, mais le besoin de poser nos savates nous a fait nous arrêter là…



Après cette grande pause, c’est à la ville de Cochabamba que nous avons fait les honneurs. Beaucoup moins charmante que Sucre et Potosi, plutôt bruyante et assez polluée, elle a cependant ses attraits, de très belles places et quelques musées. Le Palais Portales, par exemple, nous a beaucoup plu. Ses jardins paisibles dans le tumulte de la ville, son intérieur exubérant, entre marbres de Carrare, bois français, tapisseries italiennes, pièces décorées comme le palais du Vatican ou salle d’inspiration mauresque, la visite de ce palace, pourtant jamais habité (Simon Patiño, un bolivien ayant fait fortune dans les mines, l’a fait construire dans les années 1915-1925 pour ses vieux jours mais n’aura pas le loisir d’en jouir), détonne de luxe dans le paysage bolivien.



A Cochabamba, nous avons célébré le 3ème anniversaire de la famille. On avait mis la barre haute à Sydney; difficile d’égaler en Bolivie… 🤔 C’était sans compter sur un bon (enfin pas si bon) film de Star Wars qui nous sauve un anniversaire ! Au programme, donc, un cinéma en famille, Han Solo, une glace et un bon resto. Pas si difficile, le tour était joué ! Feliz cumpleaños mon Grand ! 😘



Et pour finir notre tour de Cochabamba, un petit tour au Cristo de la Concordia, immense statue du Christ mesurant 40.44 mètres et surplombant la ville. On y accède par un téléphérique (ça, c’est fun pour les garcons) ou un escalier de 1250 marches (pour une fois, les Ker choisissent la facilité, on fera seulement la descente à pied). De là haut, on a une vue panoramique, à défaut d’être belle ! Une petite sortie sympa même si l’intérêt est un peu limité…!


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Et là dernière grande ville que nous visitons en Bolivie est la capitale (administrative car elle se dispute le titre avec Sucre…) : La Paz, à 3660 mètres. Ici, nous n’avons pas passé trop de temps. La ville n’est pas jolie : dominante de gris et rouge-brique triste, circulation dingue, pollution, bruit; une capitale, quoi ! En plus, il y fait un froid de canard et l’auberge n’est pas chauffée. Il y a bien quelques activités qui suscitent la curiosité : le tour de la ville en téléphérique par exemple. Point de métro à La Paz, mais plusieurs lignes de téléphérique qui permettent de sillonner les tentacules de cette cité gigantesque. C’est plutôt rigolo de voir la ville d’en haut et dans les « oeufs », il fait chaud ! 😆



On a aussi fait un tour au marché des sorcières. Quelques échoppes où se vendent des produits étranges, serpents séchés, fœtus de lama, herbes diverses ou produits aux promesses douteuses… Ça peut valoir le coup d’œil de regarder les étagères !



En dehors de cela, La Paz… On n’y retournera pas ! On a bien fait quelques musées également, mais rien d’exaltant ! Le tout petit musée de la coca tire son épingle du jeu et m’a permis de comprendre cette institution. Car, oui, depuis qu’on est arrivé en Bolivie, on s’aperçoit que la majorité des gens machouillent leurs feuilles de coca. C’est traditionnel et complètement normal. Du coup, il est intéressant d’en savoir un peu plus. Déjà en 2100 avant Jésus-Christ, les andins mastiquaient la coca. Cette plante est sacrée car c’est un « don » de la Pachamama, la Terre-mère, nourricière. Lors des mariages, il est même coutume de faire des offrandes de coca à la Terre. Pourtant, les Espagnols (les missionaires en particulier) ont bien essayé de diaboliser la chose. Finalement, c’est au XIXème siècle, quand on a commencé à extraire les substances et à créer la cocaïne que la plante a acquis sa mauvaise réputation puis s’est vue inscrite sur les listes de produits nocifs. Très instructif…



Il est temps de quitter le milieu urbain pour découvrir quelques merveilles de la Bolivie…

D’autres clichés de l’urbanisme bolivien

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