Plongée dans une civilisation disparue

Publié par leskeretlaboussole le

Plongée dans une civilisation disparue

A une soixantaine de kilomètres de La Paz et quelques 3 heures de minivan (😥), 3870 mètres d’altitude, se trouve un vaste site archéologique encore un peu mystérieux : Tiwanaku. On est loin de tout savoir de cette antique cité, habitée par la civilisation pré-inca du même nom. Apparue vers 600 avant Jésus-Christ (vraisemblablement parce que même ça, les archéologues n’en sont pas sûrs), cette civilisation des rives du lac Titicaca aurait dominé plusieurs siècles, pour s’éteindre au XIIème siècle et rejoindre la liste des civilisations disparues…

Le site lui-même aurait vu le jour dans les années 700 après Jésus-Christ. Seuls 30% des ruines de Tiwanaku ont été fouillés et pourtant, on peut vous dire que c’est déjà grand…! Tiwanaku est entouré de mystère car on en sait bien peu de choses et les objets découverts et les ruines laissent planer beaucoup de questions. Le site aurait été la capitale d’une nation, ainsi qu’un grand centre cérémoniel. Il aurait accueilli jusqu’à 20 000 habitants. Difficile de dire ce qui est le plus incroyable ici, entre (attention, la liste est longue, vous avez du temps devant vous ? 😆) :

  • les dimensions titanesques des pierres utilisées, qui n’ont rien à envier aux constructions incas ultérieures dont on fait grand cas. Certains blocs font plusieurs tonnes et plusieurs mètres ;

  • la perfection dans la taille des matériaux. On se questionne encore sur les outils utilisés, les arêtes des pierres étant encore tranchantes comme des couteaux, après tant d’années, et parfaitement rectilignes, aux angles droits impeccables. De plus, aucun ciment n’a été employé pour solidifier ces murs qui tiennent encore debout…

  • l’ingéniosité des systèmes de canalisation qui parcourent tout le site. Incroyable, à cette époque lointaine ! Ils étaient utilisés pour créer des fontaines en cascade (souci de l’esthétique) et pour irriguer les champs en contre-bas : cette civilisation a développé un nouveau « style » d’agriculture pour l’époque qui lui permettait de cultiver pommes de terre, maïs en quantité dans une région où vent, froid et sécheresse règnent.

  • la hauteur de la pyramide Akapana : autrefois sur sept niveaux et orientée selon les points cardinaux, elle est édifiée sur une surface de plus de 200 m² et s’élève à 18 m. Au sommet on trouvait une grande plateforme rituelle de 130 m par 120 m. Ce n’est pas l’unique pyramide du site, mais les recherches ont été arrêtées et pour le moment, on devine les autres sous les collines…

  • le gigantisme des monolithes trouvés sur le site (plusieurs sont maintenant dans les musées), essentiellement dans le palais-temple de Kalasasaya (qui se traduit par les pierres dressées). Le plus célèbre porte les noms de « Pachamama » ou « monolithe de Bennett ». Il mesure 7,3 m de haut ! Signalons que certains pèsent jusqu’à 100 tonnes et les plus proches carrières ont été relevées à plus de 100 km de distance !

  • la singularité du temple semi-souterrain au pied du Kalasasaya. Rectangulaire, d’une profondeur de 2 mètres, il aurait abrité les corps momifiés des leaders de la cité. Au fond, on est observé par plus de 175 visages, tous différents, qui sortent littéralement des murs.

  • la magie de la porte du Soleil, un élément clé du site. Massive, d’un seul bloc de 10 tonnes, haute de 2,88 m et longue de 3,84 m, elle est recouverte de symboles. Elle alimente encore aujourd’hui de nombreuses hypothèses : repère astronomique pour certains, observatoire pour d’autres, voire même preuve d’une présence extra-terrestre pour les plus extravagants ! Une « rumeur » ferait remonter la civilisation Tiwanaku à plus de 12 000 ans avant Jésus-Christ car la porte du Soleil serait alignée sur les équinoxes et les solstices visibles il y a plus de… 10 000 ans…!

  • l’étrangeté des « mégaphones » qui nous accueillent à l’entrée du site : de gros blocs de pierre percés en leur centre qui amplifient le son quand on parle dedans. Rigolo!



Il reste encore bien des mystères à découvrir ici pour les archéologues du futur !!! A bon entendeur, en recherche de vocation…

Malheureusement, le site a beaucoup souffert par le passé : pillage de trésor par les conquistadors espagnols (certains blocs de pierre gravés étaient recouverts d’or que les Espagnols se sont empressés de gratter…), réutilisation des matériaux par les locaux (l’église du village est construite avec les pierres du site), rénovations hasardeuses ou pillages organisés et « légaux » pour envoyer les vestiges dans des musées à l’autre bout du monde. Heureusement, Tiwanaku est, depuis les années 2000, protégé par l’Unesco…


2 commentaires

Anne-Laure · 31 juillet 2018 à 16:06

cela nous donne une idée mais je pense que c’est encore plus impressionnant sur place!! super l’amplificateur du son !!

Cusco, nombril du monde Inca – Les Ker et la Boussole · 5 avril 2019 à 13:37

[…] encore surprenante de nos jours. On avait vu d’autres exemples en Bolivie, à Tiwanaku (ici), mais, là, en plein cœur de la ville, c’est particulièrement grandiose ! L’autre […]

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