Machu Picchu

Publié par leskeretlaboussole le

Machu Picchu

La grande « attraction » de la région de Cusco, soyons honnête, reste le Machu Picchu. Nous avons tous entendu parler, vu des photos, de ce grand complexe inca, là-haut sur sa montagne, dans la brume, sous les rayons du soleil, d’un côté, d’un autre…

Soyons réaliste : la grande « attraction » de la région de Cusco reste le Machu Picchu. Nous avons tous en tête des images de ce grand complexe inca, là-haut sur sa montagne, dans la brume, sous les rayons du soleil, d’un côté, d’un autre…

Malgré tout, voir de ses propres yeux ce paysage incroyable reste magique. Ceci étant, cela se mérite. C’est vrai, on peut atteindre le Machu Picchu en peu de temps : train depuis Ollantaytambo, à 75 kilomètres de Cusco, et jusqu’à Aguas Calientes puis bus pour grimper jusqu’au site du Machu Picchu, faire sa visite, redescendre et continuer son voyage à travers le Pérou. Pour nous, cela aura été plus long, plus intense, parfois plus pénible ! Bon, on ne va pas fanfaronner non plus : nous n’avons pas pris l’option la plus ‘warrior’, le ‘Chemin de l’Inca’ (trek sur plusieurs jours). Néanmoins, nous sommes assez fiers de notre périple, qui, à notre petit niveau, nous a paru déjà suffisamment ‘initiatique’ ! Très franchement, sur le moment, j’étais loin de dire cela, j’ai plutôt maudit le Ker Père, les Péruviens, les Incas, le monde entier !!!

Nous avons donc commencé notre périple de bonne heure un matin, sommes montés à bord d’un des nombreux mini-bus qui quadrillent toute la région et avons pris la route (tout en priant maintes fois Saint Christophe) pour au moins 6 heures de grimpette, de virages, de précipices… Que du bonheur ! Petit aperçu Mapsme du trajet :



L’estomac retourné, les jambes flageolantes, la tête prête à exploser, nous voilà déposés à Hydroelectrica (Santa Teresa). Hydroelectrica, c’est le bout de la route, le début de la voie ferrée qui monte à Aguas Calientes. C’est aussi la centrale électrique qui fournit le coin. Et le début de notre « treck ». En temps normal, deux petites heures permettent de rejoindre Aguas Calientes. Là, avec notre forme olympique nous avons plutôt pris 3 heures à 3 heures ½ ☹, sous un climat chaud et humide. La marche se fait le long de la voie ferrée. Il suffit de suivre les rails, parfois de marcher sur les rails quand le chemin se rétrécit. Se pousser sur le côté quand, occasionnellement, un train Perurail a décidé de passer, avec dans ses deux wagons 4 ou 5 touristes et quelques locaux (le train est loin d’être bondé !). La « balade » est plutôt agréable mais, avouons-le, les 6 heures de bus ont laissé quelques séquelles et nous n’apprécions pas le treck à sa juste valeur ! 😉 Pas grave, on aura le retour pour se refaire !!!



Arrivés de nuit à Aguas Calientes, le village qui niche au pied de la citadelle du Machu Picchu, nous nous mettons en quête d’un hôtel qui satisfera notre bourse et notre confort. Pas si simple ici, on se sent à Disneyland, les prix sont exorbitants, l’authenticité n’est pas vraiment de mise… ! La chose faite (la chambre sent l’humidité, n’a qu’un vasistas donnant sur le couloir, mais nous avons 4 lits, des couvertures – la température est descendue- et ce n’est pas trop cher), il s’agit de vite manger et d’aller se coucher car la journée du lendemain s’annonce costaude !

Pour visiter le Machu Picchu, deux options : le matin ou l’après-midi. Car le billet (à réserver à l’avance) ne permet de rester qu’une demi-journée… Dure loi du tourisme de masse !!! La plupart des gens choisissent de découvrir les lieux le matin, avec le lever du soleil, les belles lumières, souvent aussi la brume. Cela impliquant un réveil à 5 heures du matin, nous n’avons pas été si ambitieux et avons décidé de prendre notre temps et de démarrer notre visite à midi. Mais, avant d’arriver là-haut et de se laisser gagner par les lieux, il faut monter… Une bonne grimpette d’escaliers (1900 marches simplement !), en zig-zag, avec 550 mètres de dénivelé, pendant 1h ½ (plutôt 2 heures pour moi, qui ai attrapé un vilain coup de froid depuis 2 jours, fiévreuse et poussive, 2 heures interminables, dures !). Evidemment, on aurait pu ouvrir notre bourse et prendre une navette qui nous aurait menés directement d’Aguas Calientes à l’accueil du site… Mais, non ! Les Ker tiennent serrés les cordons de cette fameuse bourse et font marcher leurs jambes à la place…

Bon, malgré tout, cela vaut vraiment la peine de monter à pied. On prend toute la mesure des lieux, on ressent l’effort que devaient régulièrement faire les Incas (même si ce sentier n’est pas un chemin historique), on est fiers d’arriver là-haut. Et puis, les mille virages de la veille nous ont vaccinés, nous souhaitons mettre nos estomacs au repos ! 😊



Donc, arrivés là-haut, c’est un peu la cohue : les bus déversent ou récupèrent leur flot de touristes. C’est sûr, la quiétude n’est pas tout à fait au rendez-vous… Néanmoins, une fois les portillons d’entrée franchis, on se laisse gagner par la majesté des lieux, on traverse les siècles et on imagine la cité des Incas, grandiose, puis sa découverte, des années après, enfouie sous la végétation… Il faut encore grimper un peu pour avoir un panorama incroyable.



Le site est plus grand que l’on imaginait. Ville sacrée (résidence de l’empereur Inca Pachacutec ? Sanctuaire religieux ?) construite par les Incas dans la première moitié du 15e siècle, l’espace est divisé entre murs qui laissent deviner les habitations d’autrefois et terrasses parfaites, destinées à accueillir les cultures qui nourrissaient la population (variant entre 300 et 1000 individus).

Au moment de la colonisation espagnole, le site est resté un des derniers bastions incas, oubliés par les conquistadors. Puis, à la chute de l’empire Inca, le lieu est abandonné et ce n’est qu’au début du 20e siècle qu’il est redécouvert, sous la végétation ! Aujourd’hui, le Machu Picchu est menacé par l’affluence des touristes… On en fait partie, c’est vrai. Tiraillés entre la joie de découvrir ces richesses d’un monde passé et la conscience de notre impact sur ces monuments, on savoure néanmoins très égoïstement notre chance…



Le soleil décline maintenant, le gros des cars de touristes est reparti, il reste quelques poignées d’énergumènes qui flânent et apprécient les lumières de la fin de journée sur cette merveille. Il faut encore redescendre. C’est moins dur que la montée, mais nos petites cannes gardent le souvenir de la matinée de grimpette ! On passe une nouvelle soirée à Aguas Calientes, le temps de récupérer pour reprendre le chemin de Cusco demain. Une nouvelle marche le long de la voie ferrée, à nouveau 6h de bus… On essaie de garder un moral d’acier pour ne pas chavirer devant l’épreuve ! 😉 Les magnifiques images et la sensation de plénitude du Machu Picchu nous donnent heureusement des ailes !

On vous avoue : il nous aura fallu tout de même 2 jours à Cusco, à ne (presque) rien faire pour nous remettre de ces 3 derniers jours dans les montagnes ! Mais on n’est pas prêts de les oublier, ces trois-là !!!

D’autres photos du Machu Picchu

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