Valle Sagrada : ça vallée la peine ;-)

Publié par leskeretlaboussole le

Valle Sagrada : ça vallée la peine 😉


Les jambes fatiguées, la tête encore dans la brume des montagnes, nous n’en avons pas encore fini avec Cusco et sa région. Parce que ladite région s’appelle ici la Valle Sagrado : la Vallée Sacrée. Alors, oui, le Machu Picchu est la visite la plus courue de cette zone, mais la vallée recèle des trésors d’histoire et des paysages à couper le souffle.

Nous aurions bien tenté le voyage organisé, influencés par la quantité innommable de pseudo-agences de voyage. Flemme de chercher et d’attendre les bus, de « bidouiller » nos trajets, envie de se faire prendre en charge… Mais, décidément, c’est par trop touristique ici, et pour notre famille de quatre, c’est absolument hors budget ! Pas de réduction pour les enfants… c’est la dure loi du tourisme !!! Et puis, nous aimons prendre notre temps, aller à notre rythme et finalement, on aime aussi un peu l’aventure 😉.

Nous voilà donc un matin à traverser Cusco pour aller rejoindre un quartier moins touristique et attraper un bus local. Comprendre, en fonction des destinations : soit un minibus dans lequel on attend qu’il soit rempli pour partir (le collectivo), soit un véritable car, comme chez nous, mais d’une autre époque, où l’on s’entasse pour faire rentrer tout le monde… enfin, les enfants, eux, sont les mascottes et on leur cède la place de choix à l’avant, quasiment sur les genoux du chauffeur ! On doit faire confiance, car, nous sommes pour notre part, à l’autre bout du bus et avec le monde, nous ne les voyons même plus !

Notre première étape de la Vallée Sacrée est Pisac (pas Léognan, mais ça sonne tout de même du Sud-Ouest 😉 ), à 33 kilomètres de Cusco et à plus de 2700 mètres d’altitude. On fait un petit tour dans la ville, assez mignonne, au marché artisanal qu’on nous a recommandé. Mouais, moyen. Par contre, on trouve dans le village des petites échoppes avec des tas de produits tricotés en laine de lama ou d’alpaga, parfois même de vigogne. Dans cette région, ce sont les hommes qui tricotent (nouvelle tendance à introduire chez nous ? :D) et on en croise plusieurs devant leur boutique, aiguilles à la main et pelotes à leurs pieds. Ce n’est pas courant pour nous de voir ces messieurs tricoter !

Après cette petite errance et restauration, nous nous mettons en route pour le site proprement dit. Nous stoppons d’abord à la ‘guitoune’ pour prendre un boleto turistico qui grèvera notre budget (billet regroupant plusieurs visites de Cusco et sa région) mais, là, surprise ! Le monsieur fort sympathique qui est là ne semble pas enclin à ouvrir sa caisse et il nous autorise à grimper sans payer ! En discutant un peu, nous lui avons expliqué que Pisac était notre première visite de la Vallée Sacrée et qu’on irait aussi voir les Salines de Maras et les Terrasses de Moray. En toute confiance, il nous a dit qu’on paierait le billet à ces endroits… Bon, nous sommes foncièrement honnêtes alors, oui, on est bien allés aux deux autres sites et on a bien payé la redevance ! 😉

Le site de Pisac semblait avoir plusieurs fonctions : centre cérémoniel, agricole, militaire et point de défense de l’entrée sud de la vallée. Il est perché sur une colline et on peut le visiter en commençant par tout en haut et en redescendant. Prendre un taxi qui vous amène puis descendre dans les ruines pendant un peu plus d’une heure. Nous avons décidé de partir du bas, de grimper et de redescendre.

Alors, en route pour la grimpette… encore !!! Au début (il est long le début…), ça râle un peu du côté des plus jeunes. Le Machu Picchu a laissé sa marque et les enfants n’ont plus envie de marcher. Mais, les jambes un peu échauffées, ça progresse et nous nous baladons dans ces magnifiques ruines. Passage par les terrasses, emblématiques des techniques agricoles incas et encore utilisées de nos jours. Incroyable comme les Incas ont réussi à dompter le relief pour cultiver les céréales !

On tente d’apercevoir les trous dans la colline, qui servaient de tombes aux villageois, mais qui ont malheureusement été pillées au fils des siècles, laissant des trous béants. On continue et on s’égare gentiment dans les ruines qui devaient servir de résidences aux agriculteurs. On essaie de repérer l’inclinaison des murs (entre 9° et 12° qui, semble-t-il, protégeait les constructions en cas de séisme) et on admire ces constructions faites de gros blocs de pierre, sans aucun mortier.

On arrive enfin au point d’orgue du site : le centre cérémoniel. On y découvre le Temple du Soleil, et l’intihuatana, une pierre sacrée, « outil » permettant l’observation du soleil et qui donnait de précieuses indications quant aux périodes de semailles et de récoltes. On admire les canalisation déjà en place à cette époque ! On reste subjugués par la taille des blocs de pierre utilisés ! Le site comprend également un Temple de la Lune (claro !) et un peu plus loin des installations qu’on pense être militaires. C’est vraiment un site magnifique !

Après cette merveille, nous entamons la descente. Nous avons mis plus de temps à monter que prévu et ne sommes donc pas allés tout en haut de la colline. Pas grave, on a eu notre compte et ce qui nous attend maintenant ne nous fait rien regretter ! La descente vaut autant que la montée. Le site est en à-pic et on a une vue absolument fabuleuse sur la vallée de l’Urubamba et le village. Sensibles au vertige, passez votre chemin !

Nous sommes contents d’arriver en bas, malgré tout. La balade est magnifique et on recommande vivement cette visite !

Une petite pause et on repart ! Aujourd’hui, on ambitionne d’aller voir 2 sites de la Vallée Sacrée : las Salinas de Maras (salines) et les terrasses de Moray. On commence par les salines (50 km de Cusco ; 3300m d’altitude). Intrigant, des salines en pleine montagne… On est habitué, chez nous, à ce que le sel provienne de la mer… Et quand on découvre le lieu, on en reste coi. Des milliers de bassins (3600 exactement), blancs, rosés, répartis en terrasses. C’est complètement bluffant ! Ces salines sont exploitées depuis plusieurs siècles et sont aujourd’hui la propriété de quelques 800 familles, organisées en coopérative. Il en sort tout de même entre 160 et 200 tonnes par an !

Personne n’est parfaitement sûr de la présence de cette eau salée ici, mais, il y a deux hypothèses. Soit une poche d’eau salée aurait été enfermée dans la montagne et ressortirait ici, soit c’est la roche qui est chargée en sel et au contact, la source d’eau deviendrait saline.

Pour être francs, on se pose nous aussi la question, mais on admire avant tout le spectacle !

Notre deuxième site de cette journée est Moray et ses terrasses. Vous me direz : des terrasses Incas, nous en avons déjà vues au Machu Picchu et à Pisac, alors, quel intérêt ?! Là, c’est assez extraordinaire : ce sont de grands cercles concentriques, aux allures d’arènes gréco-romaines ! Très différent de ce que l’on a vu précédemment.

En fait, ces terrasses étaient pour les Incas un véritable laboratoire agricole à ciel ouvert. Ils y expérimentaient différents types de cultures. Ce qui est particulièrement ingénieux ici, c’est que la forme de ces terrasses et leur sol composé de cailloux, sable et terre permettaient d’obtenir des micro-climats selon les étages. On peut avoir jusqu’à 5 degrés d’écart entre le niveau le plus bas et le plus haut ! L’espacement entre les étages est d’environ deux mètres et, évidemment, plus on monte les niveaux des terrasses, plus il y fait frais. D’où la variété de cultures faites à Moray. A ce système s’ajoute le système d’irrigation bien caractéristique et développé des Incas. Vous obtenez un parfait centre agricole ! Il semblerait que les Incas aient réussi à cultiver jusqu’à 250 espèces de plantes différentes ! Entre autre : la fameuse pomme de terre (la papa) ou le maïs.

La Valle Sagrada recèle d’autres trésors, comme Ollantaytambo, que l’on a aperçu lors de notre ‘escale’ en route vers le Machu Picchu. Un site apparemment magnifique mais on a passé notre tour, se disant qu’on avait déjà vu pas mal de temples… Pas de regret ! On en a bien profité !

Pour les voyageurs en cours, ou en devenir, disons que si l’on n’avait été que deux, peut-être aurions-nous choisi de faire de vraies escales à Pisac ou Ollantaytambo, plutôt que de revenir à notre base, Cusco. Ceci étant, ces visites se font très bien sur la journée et on n’est guère restés sur notre faim ! Nous reviendrons découvrir les trésors restants ! 😉


Des photos supplémentaires sur la Vallée Sacrée…

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